La semaine dernière, j’animais une journée consacrée à l’accompagnement mental et émotionnel des cavaliers. Enfin, des cavalières car le groupe était 100% féminin. 😉
Comme souvent, les participantes sont arrivées avec des problématiques très différentes. Certaines souhaitaient gagner en confiance, d’autres mieux gérer leur stress ou retrouver davantage de sérénité à cheval.
Une participante m’a particulièrement marquée.
Lors de nos premiers échanges, elle m’explique qu’elle est devenue très anxieuse à l’obstacle. Au point de ne plus réussir à enchaîner un parcours alors qu’elle en était capable auparavant.
Son objectif pour la journée était très simple :
« Si j’arrive à enchaîner 3 obstacles en confiance, même des croisillons, ce sera déjà une victoire. »
J’aime beaucoup ce type d’objectif. Il est concret, réaliste et ne cherche pas à brûler les étapes.
La matinée a été consacrée à comprendre ce qui se passe lorsqu’on commence à perdre ses moyens à cheval.
Nous avons parlé du fonctionnement du stress, de l’impact des émotions sur nos comportements, de la façon dont notre cerveau cherche parfois à nous protéger… même lorsque cette protection devient contre-productive.
Nous avons également expérimenté différents outils de sophrologie et une séance d’hypnose collective.
Puis est venu le temps de la mise en pratique à cheval, en collaboration avec les coachs présents.
Et c’est là que les choses deviennent souvent très intéressantes.
Pas parce qu’il se produit des miracles, mais parce que certains cavaliers retrouvent soudain, grâce à un temps d’hypnose individuelle spécifique aux cavaliers, suffisamment de disponibilité pour accéder à des capacités qu’ils possèdent déjà.
Au fil de sa séance, cette cavalière est devenue plus fluide. Sa respiration était différente. Son équitation semblait plus simple.
Moins de tension. Moins d’anticipation. Et surtout davantage de plaisir.
À tel point qu’elle a finalement enchaîné un petit parcours de 6 obstacles (avec des verticaux et des oxers, oui, oui !).
Ce qui m’a le plus frappée n’est pas le nombre d’obstacles.
C’est le changement d’attitude.
Quelques heures plus tôt, elle était focalisée sur ce qui pouvait mal se passer. À présent, elle était concentrée sur ce qu’elle avait à faire. Son cheval lui aussi semblait bénéficier immédiatement de cette évolution.
C’est quelque chose que j’observe régulièrement.
Lorsque le cavalier retrouve davantage de calme, de clarté et de cohérence, le cheval répond souvent très rapidement.
Bien sûr, une journée ne règle pas tout, le travail se poursuit ensuite.
Mais une journée peut parfois permettre d’identifier un frein, de comprendre ce qui se joue réellement et surtout de repartir avec des solutions et des outils concrets.
C’est aussi pour cela que j’apprécie autant le travail mené aux côtés des coachs. Nous n’avons pas le même rôle.
Le coach accompagne la progression technique. J’interviens sur les aspects mentaux et émotionnels qui peuvent parfois empêcher cette technique de s’exprimer pleinement. Les deux approches sont très complémentaires.
Et lorsque cela fonctionne, ce n’est pas seulement le cavalier qui évolue.
Souvent, c’est aussi l’humain derrière le cavalier qui reprend confiance dans ses capacités.

